PME bordelaises : quels enjeux de recrutement ?

Pour la 6e fois consécutive en 2019, Bordeaux a été élue la ville où les Français aimeraient le plus travailler (palmarès Great Place to Work). Pourtant, si la qualité de vie girondine attire, les entreprises bordelaises se retrouvent parfois confrontées à des difficultés de recrutement dans leur recherche de nouveaux talents.

Une ville qui attire, mais…

Si Bordeaux est une ville attractive aux yeux du plus grand nombre il n’en reste pas moins qu’elle n’échappe pas aux difficultés de recrutement auxquelles beaucoup d’entreprises se confrontent aujourd’hui. Bordeaux est avant tout une ville de réseau où il n’est pas simple de décrypter et d’accéder au marché caché où il est indispensable de se faire recommander.

Certains secteurs s’ouvrent depuis plusieurs années aux profils venant de l’extérieur. C’est le cas notamment dans le secteur du Vin qui attire des profils venant du luxe, de l’agroalimentaire ou encore de la cosmétique, nous explique Frédéric Cauchois, Président chez Pepite Invest.

Pour d’autres PME industrielles, il est difficile de lutter contre les politiques de rémunération des grands groupes récemment implantés en région Bordelaises qui captent tous les profils d’ingénieurs notamment et proposent de nombreux avantages groupe (CE – intéressement et participation – Télétravail – régimes de retraite supplémentaire …). Les rémunérations dans la région demeurent moins attractives qu’en Région Parisienne pour un niveau de vie à Bordeaux qui reste très élevé.

Dans certains secteurs, comme celui de l’automobile, on assiste à une pénurie de certains profils techniques liée à un manque de formations courtes dans ce type de métiers et une attractivité plus forte dans d’autres secteurs comme l’aéronautique. Avec le boom du numérique, et l’explosion de la demande, les compétences manquent également à l’appel dans la filière de la cybersécurité, nous rapporte Jean François Faye, fondateur et gérant de l’entreprise NYSTEK Consulting pour qui la pénurie de profil est clairement un frein au développement de son entreprise. Il constaté également une réelle désaffection pour les études longues dans les écoles d’ingénieurs en informatiques (avec des promotions de plus en plus petites et des étudiants qui privilégient des cycles cours) et un souci d’orientation des élèves pour qu’ils se forment sur des métiers d’avenir.

Le secteur public doit lui aussi faire face à une mutation des métiers et des compétences recherchés nous explique Marie-Béatrice Celabe, Directrice générale des Services de l’Université de Bordeaux, qui sera amenée dans le futur à recruter pour des métiers encore pu connu jusqu’à présent (des profils d’ingénieurs pédagogiques par exemple).

Au milieu des années 2000, les grandes écoles se sont implantées massivement à Bordeaux qui devient la ville « préférée » des étudiants mais dans le même temps, de nombreux jeunes diplômés peinent à trouver leur premier poste et constatent bien souvent un fossé entre ce qui leur a été annoncé et la réalité en entreprise (notamment en termes de rémunération).

Enfin, des dirigeants d’entreprise déplorent également certains pratiques de candidats venant s’installer à Bordeaux, qui prennent la première opportunité proposée afin de s’installer mais sur lesquels ils ne pourront pas compter sur le long terme dans leur entreprise.

Ce que veulent les candidats

Face à ces constats, les PME se retrouvent en manque de ressources, ce qui peut freiner leur croissance ou altérer leurs performances. De leur côté, en connaissance de cause, les candidats vont avoir tendance à faire jouer la concurrence ou à se montrer de plus en plus exigeants sur les conditions et avantages de leur recrutement. Par conséquent, tous ces indicateurs dans le rouge conduisent à une mise en tension des talents et une folle surenchère des salaires proposés.

Toutefois, pas de drame, même si le marché des talents est tendu, il est tout de même possible de mener à bien et de réussir ses projets de recrutement.

En effet, même si certains talents se font rares et qu’ils sont sollicités de toute part y compris une fois insérés dans une entreprise, il s’agit de trouver des moyens pour leur donner envie de rester… à condition de lui avoir déjà envie de venir, d’où la nécessité de soigner sa marque employeur !

S’il prend une place considérable, le salaire à lui seul ne suffit plus : les jeunes talents sont en quête de sens. Il s’agit donc de séduire le candidat en lui faisant prendre conscience des leviers considérables que l’entreprise pourrait lui apporter dans son projet professionnel, notamment en termes de formations ou d’équilibre vie professionnelle / vie personnelle : il faut lui vendre une aventure.

Soigner sa marque employeur implique aussi une forte visibilité : il s’agit ici d’aller chercher les jeunes talents là où ils sont et parler le même langage qu’eux ! Tant de facteurs pour lesquels l’entreprise peut être soutenue à travers l’accompagnement de professionnels.

Des solutions pour faciliter vos recrutements

L’accès au marché caché est difficile pour les candidats, mais il l’est aussi pour les entreprises qui cherchent à recruter ! D’une part elles n’ont pas de contact avec les talents qui cherchent à évoluer car leur démarche est confidentielle, d’autre part elles n’ont pas les moyens ni le temps de prospecter sur tout le territoire.

Vous l’aurez compris, dans cette course aux talents, il est intéressant pour une PME de s’appuyer sur l’expertise et la connaissance de professionnels ancrés localement pour faciliter les processus de recrutement. Si c’est un gain de temps, c’est aussi un excellent moyen de promotion de l’image employeur pour l’entreprise qui a l’opportunité de se faire connaître et d’imposer sa marque sur le territoire Bordelais.

Pour attirer les talents, toutes les étapes seront déterminantes : de la première approche sur les différents canaux de sourcing (avec un message personnalisé) en passant par les différents entretiens (plus le process est long et fastidieux, moins les candidats auront envie de s’engager dans l’entreprise, l’idée étant de réduire le temps entre les différents entretiens et optimiser le contenu de ceux-ci) jusqu’à la réponse aux candidats (qu’elle soit positive ou non).

Enfin, dans le cas de mobilité, des solutions existent également pour accompagner les futurs collaborateurs dans leur prise de poste : Mikel Barthélémy, Responsable de Synergymobilité à Mérignac, propose aux candidats un accompagnement gratuit afin de les aider dans la recherche de leur nouveau logement, l’accompagnement du conjoint et de sa famille (présentation des activités culturelles et sportives ainsi que des écoles).

S’agissant enfin de la fidélisation des talents en entreprise, le DRH de GETRAG FORD, Sébastien LORENT insiste sur la formation des salariés en interne comme appui fort au développement des compétences et qui est un bon moyen pour économiser un recrutement.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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